Qui se sert des musulmans en Europe, et des Palestiniens au Moyen-Orient ?

Publié le par Regali

Chronologie

1962. Accords d’Evian : de nombreux Algériens viennent en France - de préférence à Paris - pour y étudier et y trouver un mode de vie plus libre. Souvent athées, ils amènent avec eux le problème palestinien. Ils invitent des Palestiniens pour leur expliquer ce qu’ils doivent ressentir de la présence israélienne... et les Palestiniens manifestent leur désapprobation, n’appréciant guère d’être utilisés. Jusque-là, arabes et juifs s’entendent bien, et on peut entendre dans la bouche d’un restaurateur arabe : « Juifs, Arabes c’est la même chose, nous sommes tous frères ».

Les Algériens ont du mal à assumer leur problème d’identité : ils ont choisi de vivre en France, mais ne manquent pas de souligner qu’il s’agit d’un pays colonisateur, et d’ironiser « cocorico » si on fait mine de dire du bien de notre pays...

En Algérie, le président FLN Boumedienne se fait fièrement « une petite moustache à la Hitler ».

Mai 68. Rouge, l’hebdo des Jeunesses Communistes Révolutionnaires (aujourd’hui NPA) titre en Une « La juste lutte révolutionnaire du peuple palestinien » à la grande indignation des adhérents, qui protestent que l’implantation d’Israël s’est faite de la façon la plus pacifique possible. C’est en effet à l’époque l’image d’Israël, dans l’ensemble très positive – sauf évidemment chez les résidus du nazisme, situés à l’extrême-droite mais encore peu nombreux, et surtout au Parti Communiste Français, qui soutient inconditionnellement l’URSS - or ce sont des conseillers militaires russes, lors de la Guerre des Six Jours, qui ont aidé les assaillants dans leur stratégie. Cependant le PCF, suivant les ordres de Moscou, refuse de participer à Mai-68.

Les trotskystes, eux, ne soutiennent pas l’URSS, et il est à noter qu’Alain Krivine, fondateur des JCR et l’un des leaders de mai-68, est juif, ce qui donne un relief particulier aux prises de position de son journaL

C’est aussi en mai 68 qu’on voit apparaître la drogue –jusque-là quasi-inexistante en France - chez les gauchistes : cannabis, LSD, héroïne.

A la même époque, l’historien Faurisson invente le négationnisme.

Roger Garaudy, lui, est alors une figure importante du Parti communiste français, dont il sera exclu en 1970.

Au Parti Communiste, encore pour un temps inféodé à Moscou, on prend fermement position pour le terrorisme palestinien, au point de qualifier de « raciste anti-arabe » quiconque le critique – y compris si la critique vient d’un Arabe !

1977 : le MRAP, Mouvement contre le Racisme et l’Antisémitisme et pour la Paix, d’origine communiste, créé après-guerre par des juifs et des arabes, devient Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples. L’antisémitisme, pensent les responsables, aurait perdu sa spécificité avec la disparition du nazisme, et pourrait donc désormais être considéré comme une simple forme de racisme. Dénégation...

Jusqu ‘à la fin des années 70, on peut trouver des disques de musique israélienne dans tous les rayons des magasins. Le Grand Music Hall d’Israël VIP vient chaque année à Paris. Il renonce suite aux attentats.

A cette époque, il ne vient à l’idée de personne d’établir une équivalence entre juifs et musulmans. Les Juifs sont des Français, les musulmans sont des immigrés. Etre juif est plus une identité qu’une religion, d’ailleurs on ne voit dans les rues aucun signe religieux juif.

1979. La Ligue des Droits de l’Homme prend position contre la "prime au retour", aide financière aux immigrés qui s'engageraient à quitter définitivement la France. Elle s’engage de plus en plus aux côtés des immigrés et soutiendra le port du voile islamique.

1982 Garaudy se convertit à l'islam. Le cheikh salafiste saoudien Ibn Baz le nomme membre du Conseil supérieur international des mosquées.

En 1983 il publie L’Affaire Israël : le sionisme politique.

Dès lors, Garaudy va conjuguer les thèses islamistes les plus extrémistes avec celles de Faurisson, marier publiquement l’islamisme et le nazisme dans le lit du négationnisme et du complot mondial.

1983. Marche des beurs. Le PCF, qui a toujours été contre l’immigration de masse, ne la soutient pas. Le mot verlan « beur » entre dans le langage courant, de même que « black », mot politiquement correct pour « noir » issu des Etats-Unis, que beaucoup de Noirs récusent d‘ailleurs.

1984. Mitterrand crée SOS Racisme. La gauche caviar parle avec enthousiasme de multiculturalisme et de droit à la différence, ce à quoi SOS Racisme répond : Pas question, ce que nous voulons, c’est être des Français comme les autres. La gauche ne cessera de revenir sur cette question de multiculturalisme, affaiblissant peu à peu l’opposition des immigrés.

Au cours des années 80, des analystes américains, venus étudier comment la France fait face aux problèmes des « banlieues chaudes », s’exclament : « Mais ici il y a l’électricité, le téléphone, on ramasse les poubelles ! la police peut entrer ! »

1989. L’affaire du voile islamique, porté par des écolières à Creil, enflamme le pays et le gouvernement Mitterrand. Chacun a son mot à dire... mais personne ne fait la remarque qu’un problème vestimentaire ne relève pas de l’Etat. Le caractère religieux de ce foulard est avalisé et officialisé.

En outre, on peut se demander comment un conflit dans une école a pu parvenir jusqu’au sommet de l’Etat... Ca laisse rêveur.

A partir de là s’enchaîneront provocations, procès... et certains y gagneront beaucoup d’argent, en particulier le MRAP qui ne manque jamais de se porter partie civile. Et le voile se multipliera, la burka apparaîtra... Les opposants deviendront des « islamophobes ». Les associations antiracistes guetteront le moindre signe de sortie des rails qu’elles ont fixés, s’indigneront qu’on mette en chômage technique, le temps du ramadan, des conducteurs de bus scolaires qui se sont évanouis au volant...

Dans les années 80-90, les attentats islamistes se multiplient en Algérie. Le gouvernement FLN reste impuissant, des Algériens commencent à chercher refuge en France .

1996. Parution du livre-scandale de Garaudy Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, d’abord publié en 1995 par les éditions néo-nazies La Vieille Taupe (et servi aux abonnés seulement), puis réédité en 1996 par la Librairie du Savoir, maison d’édition consacrée au négationnisme qui essaime rapidement en Europe.

A noter que c’est Garaudy qui, lors de son procès, invente la justification « antisioniste mais pas antisémite » qui a fait florès

Mais le travail de sape a commencé depuis longtemps dans les milieux issus du Maghreb et leurs amis, et jusque dans les écoles. On entend des enfants proclamer que les juifs auraient dû aller s’installer à Madagascar (canular hitlérien), et ils ignorent visiblement que Jésus-Christ est né en Palestine.

Les Algériens instruits se réclament de Garaudy (et pour certains, du gauchisme et de Karl Marx), devenu leur maître à penser détenteur de la vérité ultime et de la « Raison ». On les entend reprendre texto les écrits de Je Suis Partout, Brasillach, Drieu la Rochelle et autres Rebatet, parus avant et pendant l’Occupation. Le complot mondial judéo-maçonnique est de retour.

Ils restent farouches partisans du FLN, et il est curieux de les entendre débiter exactement les mêmes stéréotypes que les néo-nazis anciens partisans de l’Algérie Française

1996. La bataille des sans-papiers et les parrainages. Y participent de multiples associations, avec au premier rang le MRAP et la LDH, et avec le soutien du Syndicat des Avocats de France et du Syndicat de la Magistrature, tous deux issus de mai-68. Cette bataille est trompeuse, car elle présente des aspects parfaitement légitimes et d’autres absurdes, du fait des conditions très diverses de ceux qui demandent des cartes de séjour, ou la prolongation de leur carte.

Les lois semblent plutôt favoriser le regroupement familial (donc définitif, et pas toujours demandé par les immigrés – dans certains cas ça se fait sous la pression des services sociaux). A l’inverse, on rejette des demandes d’asile provisoire de la part de réfugiés réellement menacés.

Les intellectuels et artistes algériens, cibles du terrorisme islamiste dans leur pays, sont impitoyablement expulsés de France, parce que la loi française n’accorde l’asile politique qu’à ceux qui sont menacés par leur gouvernement. Plusieurs personnalités juives les défendent, telles le Pr Léon Schwarzenberg ou encore Maurice Rajsfus, qui disent ne pouvoir supporter l’idée que puisse arriver à d’autres ce qui leur est arrivé à eux-mêmes : voir quelqu’un débarquer au petit jour pour les emmener vers la mort. Par contre, on voit fort peu d’Algériens dans ce combat (à l’exception notable de l’association Droits Devant). Mais les intellectuels semblent davantage occupés à lire Garaudy. Il semble y avoir de leur part une dénégation complète de ce qui se passe dans leur pays d’origine. Il faut dire qu’ils ont obtenu la nationalité française.

Mais dans les nombreuses manifs, les slogans sont donnés par les associations. La LDH apprend aux immigrés le slogan « on s’en fout, on est chez nous », manifestement faux. Les associations disent « soutenir » les immigrés, en fait elles les entraînent.

A noter que les Nord-Africains installés depuis longtemps en France (commerçants, restaurateurs) sont généralement peu favorables à une immigration de masse.

1997. Entrée en scène de l’islamophobie.

La diffusion du terme d’islamophobie date de 1997, suite à la publication en Grande‑Bretagne du rapport du Runnymede Trust (think tank engagé sur les questions d’égalité raciale) : Islamophobia. A Challenge for Us All . Ce rapport a connu un large écho, lui conférant une reconnaissance publique et politique. Après le 11 septembre 2001, les institutions européennes financeront des rapports et organiseront des rencontres pour analyser et combattre l’islamophobie en Europe, différentes enquêtes seront menées par des associations, des ONG ou des fondations, et le terme sera utilisé dans des discours à l’ONU, lui conférant une légitimité et une diffusion internationales. En 2004, Kofi Annan, alors Secrétaire général de l’ONU, déclarera : « ... le monde est contraint d’inventer un nouveau terme pour constater une intolérance de plus en plus répandue... » (d’après le site Cairn).

Ce terme existait-il déjà dans les théocraties musulmanes telles que l’Iran ou la Turquie, ou est-ce l’Occident qui le leur a appris ? En tout cas, dans ces pays l’islamophobie est un délit, puni de prison dans le meilleur des cas.

En cette fin de siècle, le MRAP et la LDH s’orientent de plus en plus vers la défense de l’islam, entraînant de nombreuses démissions.

2005. Caricatures suédoises du prophète. Le MRAP, avec à sa tête Mouloud Aounit, soutient les plaignants musulmans. Démission de Jean Ferrat et bien d’autres, courage de Charlie Hebdo, le seul...

2006. Antoine Spire et Cédric Porin, deux membres du comité central de la LDH, annoncent leur démission , reprochant notamment à la Ligue sa complaisance à l’égard de l'islam radical ou encore sa « culture de repentance postcoloniale »..

« Pendant la guerre du Liban, écrivent-ils, la LDH demandait légitimement que soient sanctionnés les crimes de guerre contre les populations civiles libanaises, mais oublia les populations civiles israéliennes victimes de bombardements. On peut aussi se demander pourquoi le Proche-Orient sollicite un tel engagement de la Ligue, qui ne dit presque rien à propos du Darfour ou de la Tchétchénie, ou se tait devant les discours négationnistes et antisémites du président iranien. »

Aujourd’hui... eh bien inutile de s’appesantir sur la situation actuelle, que tout le monde peut voir – mais que beaucoup refusent de voir. Les associations anti-racistes, le parti EELV s’enthousiasment pour les mosquées, les contredire aboutit à se faire traiter de raciste, d’islamophobe et d’extrême-droite (en passe de devenir l’injure suprême...).

Le Parti Communiste, qui avait mis un peu d’eau dans son vin avec Marie-George Buffet, retrouve sa haine d’Israël. Pour toute l’extrême-gauche, Israël est devenu une « dictature raciste », expression qui dispense d‘une analyse politique.

Quand des émeutiers s’attaquent aux synagogues protégées par la Ligue de Défense Juive, il se trouve des députés pour réclamer la dissolution de ladite ligue...

la LDH affecte de condamner l’antisémitisme, établissant une équivalence avec l’islamophobie, et les classant ensemble dans la rubrique « xénophobie ». Les Juifs sont devenus des étrangers...

L’Express titre : « Les Juifs de France, un modèle d’intégration », comme s’il leur avait fallu 2000 ans pour s’intégrer ! Ce modèle est proposé évidemment aux musulmans ! sans commentaire...

A l’inverse, l’islam devient une valeur française...

En attendant, se répand systématiquement une équivalence entre juifs et musulmans, et bien sûr une rivalité. Ce qui n’existait pas autrefois mais a été créé de toutes pièces.

Et on est en train de glisser doucement vers une inversion complète.

Et derrière les émeutiers, de plus en plus arrogants et sûrs de l’impunité, il y a les mafias, particulièrement les mafias de la drogue, les mêmes sans doute qui oeuvrent au Moyen-Orient. La réponse de notre gouvernement, comme de tous les gouvernements européens, se résume à de belles paroles. Et quant aux actes, ils consistent surtout en des lois visant à une paupérisation progressive, et intensive, du peuple français.

Alors : évolution sociologique naturelle ? Comment pourrait-on encore y croire ?

Publié dans Réflexions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article